L'EMPREINTE DU MOUVEMENT

Sous la houlette de Philippe Chambost, l’association « Les amis de Pol Chambost » ouvre régulièrement les jardins de Saint-Jean d’Estissac en Dordogne pour accueillir de nombreux céramistes. C’est au cours d’une de ses rencontres en 2015 qu’Emmanuel Thébaud découvre Sylvie Enjalbert. Il se laisse toucher par ces œuvres modelées sur la nature et intégrant les courants artistiques de l’humanité. Dans l’intimité et le calme de son atelier, elle consacre son temps à fabriquer des objets uniques aux formes simples et aux contours sobres.

Dans un texte intégralement reproduit ci-dessous, Sylvie Enjalbert expose son approche particulière du métier et souligne l’harmonie qu’elle recherche entre la matière, le temps et la forme :

« Mes pots sont comme des résonances, traductions de pulsations originelles et universelles. Ce sont des évocations de pots : les pots anciens contenaient de l’eau, des graines, ils servaient à stocker, à conserver ou cuisiner, ils contenaient une nourriture. Les pots que je façonne me nourrissent à la source de ce que je suis. Ainsi un dialogue peut s’instaurer entre objet courant et objet artistique. A la surface de mes contenants apparaît un mouvement crée par l’empreinte de mon pouce, comme de petites vagues. De cet aspect irrégulier de la pièce se dégage une âme particulière qui vient de l’empreinte, sentir cette humanité, cette chose simple de la trace du doigt, comme un mouvement de vie. Mes créations portent en même temps des tonalités immémoriales et contemporaines dans une quête d’universalité. Toujours partout, la terre, la main, le pot.

Par un travail lent et méticuleux, je cherche à atteindre une forme d’une apparente simplicité, une forme comme une évidence. Une évidence qui supprimerait toute idée d’appartenance à une culture un continent, une époque. La forme peut être vite contrariée. La recherche de l’équilibre se fait sur la base du pot et se poursuit sur la ligne. Chaque petite anse, chaque petite arête que je peux rajouter a un sens. La forme autorise ou non ces ajouts. Un détail peut rompre l’harmonie d’un pot ou au contraire la sublimer. »

Sylvie Enjalbert au travail dans son atelier - ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert dans son atelier ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert dans son atelier ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert dans son atelier ©Jeremie Logeay

LA TERRE, LA MAIN, LE POT

Sylvie Enjalbert, première pièce de la série "Sur pied", 2017 ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, première pièce de la série "Sur pied", 2017 ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, 2016 ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, 2016 ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, pièce réalisée au cours d'une résidence d'artiste à Shigaraki (Japon), 2015 ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, pièce réalisée au cours d'une résidence d'artiste à Shigaraki (Japon), 2015 ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, pièce Volume finaliste au concours Open to Art - Galerie Officine Saffi, Italie, 2016 ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, pièce Volume finaliste au concours Open to Art - Galerie Officine Saffi, Italie, 2016 ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, pièce réalisée au cours d'une résidence d'artiste à Shigaraki (Japon), 2015 ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, pièce réalisée au cours d'une résidence d'artiste à Shigaraki (Japon), 2015 ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, Excentrique, pièce réalisée au retour d'une résidence d'artiste à Shigaraki (Japon), 2015. Début d’une série du même nom. ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, Excentrique, pièce réalisée au retour d'une résidence d'artiste à Shigaraki (Japon), 2016. Début d’une série du même nom. ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, 2014 ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, 2014 ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, 2015 ©Jeremie Logeay
Sylvie Enjalbert, 2015 ©Jeremie Logeay